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GALERIE EXPÉRIMENTALE 2015 « CE QUI RESTE SANS RESTER »

Du 28 mai au 07 juin 2015
Vernissage jeudi 28 mai à 18h30
Exposition organisée par des étudiants de Licence 3 de l’Université François Rabelais
Un partenariat :
centre de création contemporaine olivier debré
Université François Rabelais de Tours

 

LA GALERIE EXPÉRIMENTALE

La Galerie Expérimentale est une expérience exemplaire menée par le CCCOD, centre d’art contemporain de Tours, et l’Université François Rabelais, qui proposent ensemble cette formation professionnalisante aux pratiques de l’exposition. Depuis 2003, une quinzaine d’étudiants de L3 peuvent ainsi chaque année organiser une exposition au CCCOD, encadrés par un enseignant et l’équipe du centre d’art. En expérimentant à l’échelle 1 tous les aspects liés à l’organisation d’un tel événement, en dialoguant avec des artistes et des galeries reconnues, ils bénéficient d’une véritable immersion dans les enjeux professionnels d’une exposition d’art contemporain.
La Galerie Expérimentale est l’un des aspects les plus représentatifs des activités de formation menées par le CCCOD avec son Bureau des Étudiants. À travers différents programmes, celui-ci accompagne les étudiants tourangeaux dans leur découverte de l’art d’aujourd’hui pendant les cinq années de leur cursus universitaire.

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L’EXPOSITION 2015
« Ce qui reste sans rester »

« Il y a là cendre, cela fut, en somme, comme le titre fragile et friable du livre. »
Jacques Derrida, Feu la cendre, 1987

Du 28 mai au 7 juin 2015, douze étudiants en licence de droit, de psychologie, d’histoire et d’histoire de l’art présentent au Centre de Création Contemporaine Olivier Debré de Tours une exposition prenant pour objet central le livre. La question du livre d’artiste se révèle particulièrement ambiguë et paradoxale. Ed Ruscha (né en 1937), considéré comme une des figures les plus importantes de l’art contemporain américain, propose, dès le début des années 1960, un format singulier de livre d’artiste dont Various Small Fires and Milk (1964) constitue l’un des exemples majeurs. Conçus comme de simples recueils de photographies du quotidien tirés à des centaines d’exemplaires et sans aucune volonté de sacralisation de l’objet, les livres de Ruscha ont aujourd’hui acquis un statut d’œuvre d’art historique et mythique. Comment une telle transition a-t-elle pu se produire ?

Deux œuvres tentent de répondre à cette question en s’emparant violemment du livre Various Small Fires and Milk de Ruscha. En 1969, Bruce Nauman (né en 1941) brûle page par page le livre de Ruscha, sorte de mise en abîme du sujet de l’ouvrage originel. Intitulée Burning Small Fire, la série photographique des pages en train de se consumer prend la forme d’un livre-poster dépliant. En 2002, l’artiste britannique Jonathan Monk (né en 1969) s’approprie de nouveau l’œuvre de Ruscha et réitère l’action de Nauman. Il donne à voir le résultat par un film 16mm : Small Fires Burning (After Ed Ruscha After Bruce Nauman, after). Outre l’ambivalence de l’acte – la destruction engendrant la création – les œuvres de Bruce Nauman et de Jonathan Monk invitent à une réflexion sur le statut du livre d’artiste, sur sa perception, et sur sa valeur symbolique et marchande.

Parallèlement le public pourra entrer en contact direct avec une sélection de livres choisie par les étudiants et disposée aléatoirement sur des tables via un logiciel permettant ainsi une déprise du discours. Au moment où la bibliothèque universitaire des Tanneurs ferme ses portes afin de remettre aux normes le bâtiment, les étudiants ouvrent un espace de lecture temporaire au sein même de l’exposition. Ils tenteront de questionner, avec le visiteur, l’expérience du livre et de la lecture.